Au Rwanda, les églises adoptent de plus en plus le culte en ligne après qu’une réglementation stricte a entraîné la fermeture de milliers de lieux de culte pour non-respect des exigences gouvernementales.
Fin juillet 2024, des équipes du Rwanda Governance Board (Conseil de gouvernance du Rwanda) et des autorités locales ont inspecté plus de 14 000 lieux de culte à travers le pays en l’espace de deux semaines. Les inspecteurs ont relevé que plus de 8 000 d’entre eux n’étaient pas conformes.
En conséquence, 4 000 lieux ont été fermés, dont environ 700 à Kigali, la capitale.
La réglementation imposait également aux églises de respecter des normes de construction et de sécurité, notamment en matière d’insonorisation, de protection contre la foudre, de sécurité incendie, de stockage de l’eau, d’assainissement et de stationnement.
Par ailleurs, les pasteurs et les représentants légaux devaient être titulaires d’un diplôme universitaire reconnu en théologie, ou d’un autre diplôme assorti d’au moins 1 200 heures d’études théologiques certifiées.
Le gouvernement affirme que ces mesures visent à protéger les fidèles et à renforcer la responsabilité des organisations religieuses.
Ces fermetures ont bouleversé les habitudes des chrétiens au Rwanda.
Un rapport publié en mai 2026 par le média rwandais KT Press faisait état d’une tendance croissante vers le culte en ligne à la suite de ces fermetures.
Il indiquait que certaines congrégations s’étaient tournées vers Zoom, YouTube, Google Meet et d’autres plateformes après avoir perdu l’accès à leurs lieux de réunion physiques.
Un fidèle rwandais cité dans le rapport a déclaré : « Ce n’est pas ainsi que l’Église devrait fonctionner. La communion fraternelle se vit mieux en personne. »
Le pasteur Dany Mutangana a expliqué à KT Press que cette transition avait permis aux chrétiens de continuer à pratiquer leur culte, tout en entraînant une baisse de la participation. Il a ajouté que tout le monde ne disposait pas de smartphones ou d’une connexion internet fiable et que la confiance s’était érodée avec le basculement du paysage religieux vers le numérique.
Le gouvernement précise que la fermeture d’un lieu de prière ne signifie pas nécessairement la dissolution de l’église elle-même. Les organisations peuvent demander une réouverture une fois qu’elles ont remédié aux problèmes identifiés lors des inspections.
Les autorités indiquent également qu’elles continuent de travailler sur des solutions permettant aux églises de se conformer à la réglementation.
Le Rwanda Governance Board a noué un partenariat avec Re-Forma, une organisation internationale collaborant avec l’Alliance évangélique mondiale pour former des responsables d’églises africaines ; dans le cadre de cet accord, les certificats délivrés par Re-Forma sont désormais reconnus comme preuve d’une formation théologique appropriée.
Par Masha Media

