Des experts de l’ONU mettent en garde contre les risques accrus qui pèsent sur les femmes et les filles chrétiennes au Nigéria.
Dans une communication officielle adressée au gouvernement nigérian, les rapporteurs spéciaux font part de leurs « vives préoccupations face aux informations alarmantes faisant état de violations des droits humains commises par des groupes armés militaires et politiques dans le nord et le centre du Nigéria », violations qui « touchent de manière disproportionnée les chrétiens, et en particulier les femmes et les filles, ainsi que d’autres communautés religieuses ou de conviction ».
Les experts de l’ONU ont notamment évoqué le risque accru d’attaques à motivation religieuse perpétrées par des milices islamistes radicales et la menace croissante de violences sexuelles, de conversions forcées, d’enlèvements et de mariages d’enfants à l’encontre des femmes et des filles.
Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence à l’égard des femmes et des filles, a déclaré : « Nous sommes profondément préoccupés par les informations que nous continuons de recevoir concernant les meurtres, les enlèvements, les conversions forcées, les mariages forcés et les violences sexuelles perpétrés principalement contre des femmes et des filles chrétiennes, mais aussi contre celles appartenant à d’autres groupes minoritaires.
« Ces violences sont commises par plusieurs groupes armés extrémistes tels que Boko Haram, la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, ainsi que par certains éleveurs radicalisés impliqués dans le conflit entre agriculteurs et éleveurs. »
Alsalem a reconnu que le gouvernement nigérian avait réalisé des progrès dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles en général, mais a ajouté : « Il n’en demeure pas moins que, parmi les chrétiens tués dans le monde, une grande partie l’est au Nigéria, ce qui explique le pourcentage très élevé. »
Giorgio Mazzoli, directeur du plaidoyer auprès des Nations Unies chez ADF International, a déclaré : « La communauté internationale est restée trop longtemps silencieuse face à l’aggravation de cette crise. La communication conjointe de cinq mécanismes des Nations Unies constitue une avancée importante et bienvenue pour garantir que ces violations reçoivent l’attention internationale. »
Par Masha Media

