La République du Tchad a officiellement reconnu juridiquement une plateforme interreligieuse nationale réunissant des représentants musulmans, catholiques et protestants.
Cette reconnaissance marque une étape importante dans les efforts du pays pour renforcer la paix et la cohésion sociale, dans un contexte de transition politique et d’instabilité régionale croissante.
Les statuts et le règlement intérieur établissant la plateforme ont été signés le 25 juin lors d’une cérémonie à N’Djamena, présidée par le vice-Premier ministre Limane Mahamat.
Ce nouveau cadre fédère le Conseil national des affaires islamiques du Tchad, la Conférence des évêques catholiques du Tchad et l’Alliance des Églises et missions évangéliques du Tchad au sein d’un organe juridiquement reconnu.
Ce dernier coordonnera les initiatives promouvant le dialogue, la coexistence pacifique et l’unité nationale.
Jusqu’à présent, la coopération entre les principaux groupes religieux du pays était largement informelle.
Les autorités gouvernementales ont indiqué que ce nouveau statut juridique confère à la plateforme l’autorité nécessaire pour fonctionner comme toute autre association reconnue et bénéficier du soutien de la loi tchadienne.
« Il n’existait aucun cadre approprié permettant aux responsables religieux de mener à bien leur mission commune, » a déclaré Mahamat lors de la cérémonie de signature.
« Grâce aux statuts et au règlement intérieur de la plateforme, celle-ci peut désormais fonctionner comme toute association légalement reconnue et bénéficier du soutien de la loi ».
Tao Élysée, secrétaire de l’Alliance des Églises et Missions Évangéliques du Tchad, a affirmé que la plateforme reconnaît que les communautés religieuses ont une responsabilité qui dépasse le cadre de leurs propres fidèles.
« Il n’y a aucun avantage à laisser les religions devenir un motif de rejet mutuel. Nous avons certes notre propre foi et nos propres croyances, mais nous partageons aussi la responsabilité de construire ensemble notre nation », a déclaré Élysée.
« Nous vivons dans un État laïque, mais fondé sur une laïcité coopérative, dans laquelle Dieu doit avoir sa place dans la société. Sans cette dimension spirituelle, notre société perdrait une part essentielle de son sens. »
Selon les dernières données de recensement disponibles, l’islam représente 51,1 % de la population de ce pays enclavé de 20 millions d’habitants, tandis que les chrétiens en représentent 41,1 %.
Par Masha Media

