Le gouvernement israélien a interdit aux enseignants palestiniens d’enseigner dans les écoles chrétiennes de Jérusalem, selon un communiqué officiel.
Les directeurs d’école ont été informés qu’ils ne peuvent employer que des personnes titulaires de diplômes israéliens et résidant dans la ville. Les permis de travail ne sont plus délivrés aux enseignants ayant obtenu leurs diplômes en Cisjordanie.
Près de 230 enseignants chrétiens répartis dans 15 écoles seront concernés, selon plusieurs associations.
Un représentant du Secrétariat général des écoles chrétiennes (SGEC) a déclaré à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) que « Les écoles chrétiennes se trouveront dans une situation très difficile, ce qui compromettra leur pérennité et les empêchera de remplir leur mission chrétienne.»
« Il n’y a pas assez d’enseignants chrétiens à Jérusalem pour assurer la relève. À long terme, ces restrictions risquent d’altérer durablement le caractère chrétien de nos institutions et d’affaiblir la foi et la présence chrétiennes dans la ville », a ajouté le représentant.
On craint que cette décision ne perturbe l’éducation des enfants et n’entraîne de graves difficultés financières pour les enseignants, qui pourraient être contraints de déménager, contribuant ainsi à la diminution de la population chrétienne en Terre sainte.
Nathale Raffray, de l’AED, a déclaré que les écoles confessionnelles ont « joué un rôle essentiel aux niveaux national et interreligieux ».
L’éventuelle émigration d’enseignants chrétiens de régions comme Bethléem pourrait être « tragique », a-t-elle ajouté, la proportion de croyants dans la région étant passée de 85 % en 1947 à moins de 10 % aujourd’hui.
Les écoles chrétiennes ont une longue histoire à Jérusalem, la première ayant été ouverte par les Franciscains en 1520. La restauration du Patriarcat latin dans les années 1840 a permis la création de nombreuses autres écoles, dont la première école pour filles.
Des milliers d’enfants, chrétiens et musulmans, ont été scolarisés dans ces établissements.
Le représentant du GSCS a réaffirmé à l’AED que les enseignants ne seront pas abandonnés. Le Secrétariat est en contact avec le Saint-Siège et ses partenaires juridiques afin d’inciter le gouvernement israélien à revenir sur sa décision.
Cette situation survient après que 171 enseignants n’ont pas reçu l’autorisation nécessaire pour travailler en septembre, une situation qui n’a été résolue qu’après une grève d’une semaine du GSCS.
Par Masha Media

